L’argent n’a pas d’odeur

Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.

L’argent n’a pas d’odeur, en latin “Pecunia non olet”.

Cette expression signifie qu’il importe peu de savoir si l’argent  que l’on a vient d’une activité noble ou dégradante, l’argent reste l’argent. Pour connaître l’origine de cette expression, il faut remonter au 1er siècle après Jésus Christ, à l’époque romaine.

L’empereur Néron avait laissé les caisses vides lorsque Vespasien devint empereur (de 69 à 79 après J-C). Aussi, celui-ci instaura-t-il plusieurs impôts et taxes pour mener à bien ses grands travaux (le Colisée à Rome par exemple). Mais l’impôt qui suscita le plus de moqueries fut celui sur l’urine.

Le “précieux” liquide jaune était collecté dans les urinoirs publics (Rome disposait déjà d’un grand égout appelé “cloaca maxima”) et servait aux tanneurs et teinturiers pour les tissus et le dégraissage des laines.

L’impôt sur l’urine était payable tous les quatre ans par tous les chefs de famille en fonction du nombre de personnes et d’animaux vivant dans la maison.

C’est grâce à l’historien romain Suétone que nous connaissons à présent l’origine de l’expression “l’argent n’a pas d’odeur”. Suétone rapporta que Titus, le fils de l’empereur Vespasien, se plaignait de la nature répugnante de la taxe. Son père sortit une pièce de monnaie en or et demanda à son fils s’il se sentait dérangé par son odeur. Titus répondit par la négative. L’empereur dit alors : “et pourtant ça vient de l’urine” (atqui ex lotio est).

D’où l’expression “l’argent n’a pas d’odeur”.

vespasienne

LES VESPASIENNES

Au 19e siècle, sont apparus des urinoirs publics pour les hommes appelés vespasiennes -du nom de l’empereur Vespasien-.  Il n’en reste presque plus aujourd’hui.

 

 

Le suffixe -cide, un vrai tueur !

Le suffixe -cide est un tueur parce qu’il signifie “qui tue” et il tue le radical qui le précède. Son origine est latine et vient du verbe “caedere” :  frapper, abattre, tuer.

Ainsi, un homicide c’est le fait de tuer un être humain. Le radical vient du latin “homo” qui veut dire “homme”.

Un acte fraticide : un acte qui entraîne la mort  d’un frère ou d’une soeur. Le radical d’origine latine étant “frater” qui signifie “frère”. (la fratrie : l’ensemble des frères et soeurs d’une même famille).

Ci-dessous une liste des mots que l’on utilise le plus souvent mais il en existe beaucoup d’autres moins connus.

Un acaricide

Substance qui tue les acariens
(adjectif : acaricide)

Un arboricide

Produit qui  détruit les arbres
(adjectif : aboricide)

Un coricide

Qui supprime les cors aux pieds
(adjectif : coricide)

Un déicide

 Vient du latin Deus = Dieu

C’est le meurtre de Dieu  (du concept) OU  Celui qui a tué Dieu

(adjectif : déicide)

Un éthnocide

C’est la destruction de la culture ou de la civilisation d’une ethnie.

(adjectif : éthnocide)

Un foeticide

Provoquant la mort d’un foetus
(adjectif : foeticide)

Un fongicide

Substance pour éliminer les champignons-parasites sur les végétaux.
(adjectif : fongicide)

Un fratricide

Origine latine : “frater” = “frère” – Le meurtre d’un frère ou d’une soeur.

(adjectif : fratricide / “une guerre fratricide”)

Un génocide

C’est l’extermination d’un groupe humain ayant une même nationalité, religion, culture… C’est un crime contre l’humanité.
(adjectif : génocidaire)

Un homicide

Le fait de tuer un être humain, homme ou femme que cette action soit volontaire ou non. “L’homme a été condamné pour homicide involontaire”.
(adjectif  : homicide ou homicidaire / “avoir des pensées homicidaires ou homicides”)

Un herbicide

Produit pour supprimer les mauvaises herbes.
(adjectif : herbicide)

Un infanticide

Vient du latin : infans = enfant – Le meurtre d’un enfant.
(adjectif : infanticide)

Un insecticide

Produit pour tuer les insectes.
(adjectif : insecticide)

Un larvicide

Produit pour tuer les larves.
(adjectif : larvicide)

Un matricide

Le meurtre de la mère.
Vient du latin : “mater” qui veut dire “mère”
(adjectif : matricide)

Un parricide

Le meurtre du père.
Vient du latin “pater” qui veut dire “père”.
(adjectif : parricide)

 Un pesticide

Produit chimique destiné à supprimer les parasites sur les cultures, qu’ils soient d’origine animale ou végétale.
Vient du latin “pestis” qui signifie “fléau”.
Un fongicide pour éliminer les champignons. Un herbicide pour supprimer les mauvaises herbes, un insecticide pour tuer les insectes ravageurs.

 Un raticide

Produit pour tuer les rats.
(adjectif : raticide)

Un régicide

Le meurtre d’un roi ou d’une reine. Vient du latin : “rex” qui signifie “roi”.
(adjectif : régicide)

Un suicide

Le fait de se donner la mort.
(adjectif : suicidaire)

Les Hospices de Beaune – Hôpital de luxe pour les pauvres dès le 15e siècle

Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.

Quand on parle des Hospices de Beaune, on pense en premier aux toitures de tuiles vernissées multicolores de l’ancien hôpital de la petite ville de Beaune et ensuite aux domaines viticoles bourguignons de la côte de Beaune qui s’y rattachent ou qui l’entourent et qui produisent des vins rouges  grands crus comme le Pommard ou le Meursault. le Corton ou le Montrachet.

Les Français ont l’habitude de parler des Hospices de Beaune mais à l’époque on disait  l’Hôtel Dieu, comme tous les hôpitaux construits alors et qui étaient destinés à soigner les plus pauvres.  Petite particularité, à Beaune, c’était  chic ! C’était  un hôpital de luxe pour des gens sans argent. Rare !

Un chancellier des Ducs de Bourgogne, Nicolas Rolin (~1376-1462), décida en 1443 de construire un hôpital luxueux pour les malades pauvres afin d’expier ses fautes (1). Quelles fautes, on ne sait pas vraiment, sans doute y en avait-il beaucoup ? 🙂

Nicolas RolinExtrait du texte fondateur des Hospices de Beaune par Nicolas Rolin : « Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d’Autun, seigneur d’Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d’août, en l’an de Seigneur 1443… dans l’intérêt de mon salut, désireux d’échanger contre des biens célestes, les biens temporels… je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l’honneur de Dieu et de sa glorieuse mère… »

À l’intérieur, on trouve une grande salle avec 28 lits à colonnes disposés exactement comme au 15e siècle, le long du mur. Le luxe à Beaune était de mettre seulement deux malades dans un seul lit alors qu’à l’Hôtel Dieu de Paris ou Lyon par exemple, les malades étaient au nombre de six dans un seul lit. On en mettait trois à la tête et trois aux pieds du lit.


Une médaille d’or a été décernée par la SFHH (Société Française d’Histoire des Hôpitaux) en 2014 au livre “Histoire des Hospices de Beaune” écrit par deux historiens, Marie-Thérèse Berthier et John Thomas Sweeney.

Dans la salle de repos, les malades avaient la possibilité de contempler la scène du jugement dernier sur un beau retable commandé par Nicolas Rolin au peintre flamand Rogier van der Weyden. Le moment pour eux de faire le point sur les bonnes et mauvaises actions qu’ils avaient pu faire dans leur vie.

Livre des signatures Hospices de Beaune

Toutes les archives de l’hôpital ont été conservées ainsi qu’un précieux document bien gardé que les touristes ne peuvent pas voir. Il s’agit du Livre d’or où des personnes de sang royal (Louis XIV par exemple), des présidents de la république française ou bien des célébrités ont apposé leur signature. Des siècles de l’histoire de France.

L’hôpital a fermé ses portes en 1971 et depuis c’est 400 000 visiteurs qui viennent de France et du monde entier voir ce monument (et déguster les vins de Bourgogne aussi 😉 ).

(1) – “expier” – “réparer”

 

L’accent du côté de Toulouse

C’est un des accents du “Midi” comme on dit. C’est un accent chantant mais différent des autres villes comme Lyon, Bordeaux, Marseille ou Nice.
https://youtu.be/zXT7diONJ4Q

TLT – TéléToulouse
Chaque semaine à la Reynerie l’Association T-O-7 propose ses Cafés Savoirs. La semaine dernière l’accent toulousain était au coeur du débat. Certains en ont honte, d’autres en sont fiers mais d’où vient-il vraiment ?

– L’accent toulousain c’est la musique d’une langue dont on aurait oublié les paroles. Ces paroles c’est quoi ? C’est la langue occitane. Donc on parle français avec une langue occitane. C’est pas la loi du sang, c’est vraiment la loi du sol.

Si le sujet peut paraître cocasse, il attise pourtant les débats.

– L’accent est attribué à l’occitan.
– Il n’y en a plus trop (d’accent) voire il n’y en a plus du tout ou alors, on ne sait plus les identifier.

L’accent toulousain a pourtant bien des particularités.

– Il (le Toulousain) prononcera toutes les syllabes. Il ne roulera plus le “r” comme le disait Claude Nougaro dans la fameuse chanson “Toulouse”. Il aura une accentuation sur les mots, pas seulement une accentuation de phrase. Donc il dira “la pe-ti-te fi-lle va à l’école” et non pas “la p’tite fille va à l’école” avec un seul accent.

Qu’il laisse rêveur ou qu’il fasse sourire, une chose est sûre l’accent toulousain fait voyager.

– Il est chantant, il est gai et puis comme on me disait quand j’habitais Tours “Parle-nous, ça nous rappelle les vacances”.

Ci-dessous une célèbre chanson sur la ville de Toulouse par  un non moins  célèbre chanteur/compositeur/interprète Claude Nougaro “Toulouse”. Les paroles de la chanson sont sous la vidéo !


Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L’eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
Ô mon païs, ô Toulouse…

Je reprends l’avenue vers l’école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne
Ô mon païs, ô Toulouse…

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu’on se traite
Il y a de l’orage dans l’air et pourtant
L’église Saint Sernin illumine le soir
D’une fleur de corail que le soleil arrose
C’est peut être pour ça malgré ton rouge et noir
C’est peut être pour ça qu’on te dit ville rose
Je revois ton pavé ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?
Voici le Capitole, j’y arrête mes pas
Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J’entends encore l’écho de la voix de papa
C’était en ce temps-là mon seul chanteur de blues

Aujourd’hui tes buildings grimpent haut
À Blagnac tes avions ronflent gros
Si l’un me ramène sur cette ville
Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles
Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse…