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GALERIES ET PASSAGES COUVERTS DE PARIS – PREMIÈRES GALERIES MARCHANDES

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À LA FIN DU  18e SIÈCLE, UN ENGOUEMENT POUR LES PASSAGES PROTÉGÉS ET VITRÉS SE DÉVELOPPE

Avant les grands travaux du Baron Haussmann, sous la présidence de Napoléon III, qui vont  transformer la capitale entre 1858 et 1870 (voir mon autre article “Les grands boulevards de style haussmannien“), Paris comptait 150 passages et galeries construits dès la fin du 18e siècle jusqu’au milieu du 19e siècle (une soixantaine d’années). Ces passages ou galeries  furent  édifiés pour permettre aux piétons parisiens assez aisés de faire leurs achats à l’abri des intempéries et de passer d’un boulevard ou d’une rue à une autre au travers de blocs d’immeubles. Il faut dire qu’à la fin du 18e siècle et avant les travaux du Baron Haussmann, Paris n’était pas très agréable pour y flâner surtout par temps de pluie. Les rues sans trottoirs étaient étroites, sombres et insalubres. On redoutait surtout la poussière et la boue et aussi les pavés peu agréables.

Ainsi, les Parisiens bénéficiaient de voies propres et sèches quelques fois chauffées par le sol et éclairées par la lumière naturelle ou au gaz.  Ils pouvaient profiter des boutiques, des restaurants, des salons de thé ou cafés qui s’y installaient. Ils pouvaient même y danser ou assister à des spectacles.  Même si tout le monde ne pouvaient se faire plaisir dans ces boutiques assez chères, les passages restaient quand même des endroits de mixité sociale, des lieux très vivants où les gens se rencontraient, s’amusaient ou bien flânaient tout simplement. Certains théâtres avaient une entrée directement sur ces passages comme le Théâtres des Variétés dans le Passage des Panoramas ou le Théâtre des Bouffes-Parisiens  dans le Passage Choiseul.

Le terme de “galerie” est apparu dans les années 1830. C’étaient également des passages mais plus larges et avec une décoration plus riche comme on peut le voir actuellement dans la Galerie Vivienne ou la Galerie Colbert par exemple.

FIN 18e UNE NOUVELLE ARCHITECTURE DE FER ET DE VERRE APPARAÎT

Fin 18e, la révolution industrielle est en marche et on utilise de plus en plus le métal dans les constructions. Ainsi, les passages sont couverts de verrières en fer et en verre qui apportent aux flâneurs une grande luminosité.

PARIS LANCE LA MODE DES PASSAGES COUVERTS AVEC VERRIÈRES EN FRANCE ET EN EUROPE

La mode des passages couverts de verrières s’est répandue un peu partout en France d’abord dans des villes comme Nantes avec le superbe Passage du Pommeraye puis en  Europe, Angleterre, Italie, Belgique, Russie, Ukraine, Allemagne, Danemark, Suisse…

Ce qui diffère à Paris en comparaison avec les passages anglais ou russes, c’est la présence de logements au sein même de la galerie, au-dessus des boutiques. Les passages européens sont aussi dans leur grande majorité plus larges que ceux de la capitale française.

Aujourd’hui, Paris ne compte plus qu’une trentaine de passages et galeries et ils se trouvent presque en totalité sur la rive droite de la Seine et principalement près des grands boulevards, lieux de foule et de spectacles. Beaucoup de galeries ont été construites en même temps que les immeubles qui les cernent. En France, c’est la capitale qui a le plus de passages couverts.

Ci-dessous, quelques-uns des passages ou galeries les plus intéressants ou curieux  par ordre d’année de construction.

1798 LE PASSAGE DU CAIRE – 2e arrondissement
2, place du Caire // 33 rue d’Alexandrie // 237-239 rue Saint-Denis // 14, 34 et 44 rue du Caire – Métro Sentier
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Le plus vieux et le plus long passage de Paris avec  ses 360 mètres de long.
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1964

Le nom du passage fait référence à la campagne d’Égypte menée par Napoléon et à son entrée au Caire au mois de juillet de cette même année 1798.  Les Français se passionnent alors pour l’Orient. On remarquera  les trois sculptures de la déesse Hathor sur la façade d’un bâtiment au-dessus d’une des entrées du passage.

Le passage du Caire se situe en plein coeur du Sentier, quartier entièrement dédié au commerce du textile.  Même si ce passage a un peu vieilli et est moins beau que d’autres, il reste un des tout premiers passages avec verrières et le plus long avec 360 mètres de rues entièrement couvertes.

1799 LE PASSAGE DES PANORAMAS – 2e arrondissement
11, bd Montmartre // 10 rue Saint-Marc –
Métro Grands Boulevards
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133 mètres de long
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1974

Le passage des Panoramas a été construit sur les grands boulevards en 1799 et à eu dès le début un succès fulgurant.  Il y régnait une effervescence commerciale qui reste toujours d’actualité. Son nom vient de très grandes peintures appelées “panoramas” représentant des paysages de Paris qui ornaient deux rotondes situées  au-dessus de l’entrée du passage. Elles ont été détruites en 1831.

Il fut le premier endroit avec le Palais Royal à proposer des objets de luxe.

On y trouve de l’artisanat d’art, des restaurants, des collections de cartes postales, monnaies, autographes ou timbres anciens,.. Certaines boutiques ont gardé leur décor d’antan. Ainsi l’ancienne chocolaterie François Marquis reconvertie en restaurant “L’arbre à cannelle” avec des sculptures en bois et un plafond à caissons  et la célèbre  boutique de gravures Stern connue depuis  sa création pour la qualité et le raffinement du travail proposé et qui a servi bon nombre de têtes couronnées d’Europe ou de chefs d’État ( médailles, chevalières, menus de repas pour la haute société, passeports diplomatiques, boutons de manchette…)

On peut aussi accéder par le passage des Panoramas au Théâtre des Variétés en activité depuis 1807.

1823 LA GALERIE VIVIENNE*** – 2e arrondissement
4 rue des Petits Champs // 5, rue de la Banque //  6, rue Vivienne – Métro Bourse
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176 mètres de long
Inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis 1974

Certainement, une  des plus belle et de renommée mondiale.  Elle est incontournable. Elle est située entre le Palais Royal, la Bourse et les grands boulevards. Avec l’arrivée des grands magasins comme Le Printemps ou les Galeries Lafayette (voir mon autre article sur “les premiers grands magasins“) à la fin du 19e siècle, elle est petit à petit délaissée car les boutiques migrent vers les nouveaux boulevards comme celui des Champs Elysées.  Il faut attendre le milieu des années 1970 pour que son activité reprenne, ce qui est le cas pour d’autres galeries également comme la galerie Véro Dodat ou les passages Jouffroy ou Verdeau.  Elle abrite des magasins de luxe, des boutiques de décoration et de mode dont par exemple celles de haute couture et prêt-à-porter Jean-Paul Gauthier , célèbre couturier qui s’est déjà servi de la galerie pour y faire des défilés de mode ..

En plus des vêtements de luxe et accessoires de mode, on peut trouver dans cette galerie un salon de thé très couru “À priori thé“, un caviste Legrand Filles et Fils,  la librairie de livres anciens Jousseaume créée dès l’ouverture de la galerie par les ancêtres de François Jousseaume, l’actuel propriétaire. On y trouve des restaurants et quelques autres boutiques diverses.

C’est au n° 13 de ce passage que se trouve l’ancienne demeure d’un célèbre bagnard, Vidocq,  devenu chef d’une brigade de police composée d’anciens malfaiteurs au 19e.

Sous la galerie Vivienne, il existe un souterrain bouché juste après la 2e guerre mondiale en parallèle avec la galerie. Vidocq l’aurait emprunté pour échapper à la police du temps où il n’en faisait pas encore partie !

1825/1835 LE PASSAGE  DU GRAND CERF – 2e arrondissement
85, rue Saint-Denis  // 8, rue Dussoubs
Métro Etienne Marcel
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113 mètres de long et 3 mètres de large
Inscrit à l’inventaire des  monuments historiques depuis 1985

Le nom du passage fait référence à l’ancien “Hôtel du Grand Cerf”  qui était le point de départ et d’arrivée des voitures des postes des Messageries Royales jusqu’à la révolution française (1789).  C’est le plus haut passage de Paris avec 11,80 mètres sous verrière. Il a été délaissé pendant de nombreuses années et a été réhabilité dans les années 1980.  On y voit deux niveaux de façades vitrées et un troisième niveau réservé aux habitations. On y trouve des ateliers créatifs, bijoux, objets de déco exotiques, designers, restaurants…

1826 LA GALERIE VÉRO-DODAT – 1er arrondissement
2, rue du Bouloi // 19, rue Jean-Jacques Rousseau //
Métro Louvre-Rivoli
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80 mètres de long et 4 m de large.
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1965

Elle se situe à deux pas du Musée du Louvre. C’est une petite galerie chic et calme au dallage en marbre constitué de losanges noirs et blancs ce qui semble accentuer sa longueur. On y trouve des boutiques de luxe pour la décoration, l’ameublement, des galeries d’art, des restaurants et un atelier-boutique de chaussures de luxe de Christian Louboutin.

L’écrivain et poète Gérard de Nerval y serait venu prendre son dernier café avant de se donner la mort en 1855.

1826 LA GALERIE COLBERT – 2e arrondissement
6 rue des Petits-Champs // 2 rue Vivienne
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83 mètres de long
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1974

La Galerie Colbert, proche de la Galerie Vivienne est beaucoup moins passagère parce qu’elle n’a aucune boutique On peut néanmoins manger dans le restaurant “Le Grand Colbert” de style Art Nouveau (classé à l’inventaire des  monuments historiques) qui a souvent servi de décor pour le cinéma.  La galerie abrite plusieurs institutions liées à l’histoire de l’art et au patrimoine culturel et est la propriété de la Bibliothèque nationale de France.

Sa rotonde munie d’une belle verrière est remarquable. La Galerie Colbert a été rénovée dans les années 1980.

1827 LE PASSAGE (DE) CHOISEUL – 11e arrondissement
40, rue des Petits Champs // 23, rue Saint-Augustin // 61, rue Sainte Anne – Métro Quatre Septembre / Bourse.
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190 mètres de long – La verrière la plus longue de Paris et d’un seul tenant. Moins de 4 mètres de large.
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1974
Le Passage Choiseul est situé dans le quartier de l’Opéra. À la période haussmannienne au milieu du 19e siècle et avec l’arrivée des grands magasins (voir mon autre article “Les grands boulevards de style haussmannien – Napoléon III / « Le baron Haussmann »), ce passage comme bien d’autres fut délaissé. Il a repris de la vigueur dans les années 1980. Son affluence fluctue en fonction des boutiques qui s’y installent et aussi en fonction des heures de bureaux. Ce passage, comparé à d’autres, garde un style simple, peu décoré. On y trouve des boutiques au rez-de-chaussée et des habitations au premier étage ainsi qu’une sortie secondaire du Théâtre des Bouffes-Parisiens (ouvert en 1857 et toujours en activité).
1828 LE PASSAGE BRADY – 10e arrondissement
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216 mètres de long
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 2002
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Ce passage est aussi appelé Little India parce qu’on y trouve des commerces indo-pakistanais principalement ainsi que mauriciens (Île Maurice) et réunionais (Île de la Réunion). Le passage Brady est coupé en deux par le boulevard de Strasbourg. Une partie est couverte d’une verrière et l’autre est à ciel ouvert.

1836 LE PASSAGE JOUFFROY – 9e arrondissement
10-12, boulevard Montmartre // Rue de la Grange-Batelière
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140 mètres de long et 4 mètres de large
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1974

En parallèle à ce passage, il existe un passage souterrain. Chaque magasin de cette galerie possède une cave voûtée avec une porte donnant sur ce souterrain.

Le passage Jouffroy était très moderne à l’époque où il a été construit. Il a bénéficié le premier d’un chauffage au sol, au gaz. Le passage des Panoramas ayant eu, lui, la primeur de l’éclairage au gaz. Le passage Jouffroy est le prolongement du Passage des Panoramas et sont tous deux très fréquentés.  On peut y voir des boutiques très diverses (galeries d’art, antiquaires, librairies, bibliothèque de bandes dessinées, jouets, pâtisseries…)   et aussi visiter  le Musée Grévin avec ses célébrités en cire et dont la sortie se situe à l’intérieur du passage Jouffroy.

1845 LE PASSAGE DE LA MADELEINE – 8e arrondissement
9, place de la Madeleine //  30,  rue Boissy d’Anglas
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53 mètres de long
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1987

Petit passage qui mène à la très chic place de la Madeleine. La construction du passage est liée à celle de la place et de l’église du même nom. On peut y trouver des boutiques de luxe et des boutiques permettant des pauses gourmandes.
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Restaurant à la décoration Art Nouveau réalisé par Louis Majorelle. (1904-1905)

1847

LE PASSAGE VERDEAU – 9e arrondissement
6 rue de la Grange-Batelière // 31 bis rue du Faubourg Montmartre.
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75 mètres de long
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1974
Il est situé dans le prolongement des passages des Panoramas et Jouffroy. Sa haute verrière très épurée et les pans vitrés du deuxième niveau lui donne beaucoup de clarté.   Du fait de la réouverture en 1980 d’une annexe du célèbre Hôtel Drouot (lieu de ventes aux enchères) de nombreux antiquaires s’y sont installés. On y trouve aussi des collectionneurs de cartes postales, livres anciens, appareils photos de collection et bien sûr des restaurants et salons de thé.

1860
LE PASSAGE DES PRINCES – 2e arrondissement
5 boulevard des Italiens // 97-99 rue de Richelieu
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80 mètres de long
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1986
Il a été construit en 1860, détruit en 1985 en vue d’une opération immobilière puis reconstruit à l’identique en 1995.  Il se situe tout près de l’Opéra Garnier et des grands magasins (voir mon autre article ici !). On y trouve de nombreuses boutiques de jouets, jeux vidéo, modélisme… On peut remarquer une belle coupole des années 1930 de style art déco.
 1926

LES ARCADES DES CHAMPS-ÉLYSÉES
78, avenue des Champs- Élysées // 59, rue de Ponthieu // Métro Franklin Roosevelt
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120 mètres de long – une quarantaine de boutiques
Inscrites à l’inventaire des monument historiques depuis 1991

La plus récente des galeries et la plus large aussi puisqu’elle fait 15 mètres de large alors que les autres passages plus anciens faisaient moins de 4 mètres. Sa surface totale est de 9000 m².

Les Arcades  de style Art Déco ont été construites en 1926 alors que Paris rayonnait grâce au chamboulement architectural de la ville dû au Baron Haussmann au 19e siècle. Devant l’intérêt croissant des Parisiens et des touristes pour cette avenue  délaissant les autres passages, il est décidé de créer une galerie marchande de luxe, les Arcades  des Champs-Élysées. Cette galerie est recouverte de marbre de différentes teintes, de dalles en verre au plafond soutenues par des colonnes en marbre blond. Les appliques qui diffusent une douce lumière ont été créées par célèbre maître verrier Lalique. Malheureusement, les fontaines en verre du même artisan ont disparu.

On y trouve une multitude de magasins de prêt-à-porter, bijoux, accessoires, des  grandes enseignes de luxe françaises ou internationales.

 

L’Arc de Triomphe, place Charles de Gaulle à PARIS

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L’ Arc de Triomphe est situé à l’Est de Paris dans le 8e arrondissement au centre de la Place Charles de Gaulle, appelée aussi Place de l’Étoile à cause des 12 avenues (1) qui partent de celle-ci notamment la célèbre avenue des Champs Élysées.

C’est l’empereur Napoléon 1er qui, dès 1806, fait édifier cet arc en l’honneur des armées de l’empire. Ce n’est que 30 ans plus tard, en 1836, que le roi Louis Philippe l’inaugure et le dédie non seulement aux armées de l’empire mais aussi aux armées de la Révolution. Depuis, l’Arc de Triomphe est devenu un symbole national à la gloire des armées françaises.

C’est un monument imposant de 50 mètres de haut, de style néo-classique, d’inspiration greco-romaine comme il était de mode à partir du milieu du XVIIIe siècle (2)  jusque vers la fin du XIXe siècle (2).

↓↓ Voir la vidéo ↓↓

http://paris-arc-de-triomphe.fr/

Depuis 1921, au pied de l’Arc de Triomphe se trouve la tombe du soldat inconnu. Hommage symbolique à tous les soldats de la guerre mondiale 1914-1918 qui fut particulièrement meurtrière. 1 500 000 jeunes Français ont péri dans cette boucherie guerrière. La flamme du souvenir flambe depuis  1923. Elle est ravivée tous les soirs à 18h30 (3).

Défilé militaire tous les ans le 14 juillet, jour de la fête nationale.

La terrasse panoramique tout en haut de l’édifice est un lieu privilégié pour observer l’organisation des avenues en étoile tout autour de la place Charles de Gaulle, la Tour Eiffel et pour se repérer grâce à deux tables d’orientation. On peut y monter de jour comme de nuit (fermeture avant minuit).

La Reine d’Angleterre et Le chef de l’état français ravivent la flamme du soldat inconnu en 2014, lors du 70ème anniversaire du D-Day ou débarquement des Alliés sur les côtes normandes le 6 juin 1944

(1) Vous pouvez lire mon autre article sur le bouleversement de la capitale française sous l’impulsion du baron Haussmann et de l’empereur Napoléon III. Les grands boulevards de style haussmannien – Napoléon III / « Le baron Haussmann »

(2) XVIIIe = 18e // XIX = 19e
Pour apprendre à lire les chiffres romains, je vous propose mon article ici !

(3) La cérémonie débute vers 18h00.

Les premiers Grands Magasins fin 19e siècle, les cathédrales du commerce

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La révolution industrielle, le développement du chemin de fer, l’explosion démographique, l’accroissement de l’épargne, la reconfiguration de Paris (voir mon autre article sur Napoléon III et le baron Haussmann) font que la capitale se transforme en une ville moderne et modèle dans la deuxième partie du XIXe siècle (1).

Une nouvelle forme de commerce voit le jour : les Grands Magasins – les “cathédrales” du commerce !

L’architecture de ces nouveaux grands magasins est audacieuse (poutrelles métalliques, verrières) mais ce qui est nouveau c’est la façon de faire du commerce : vendre plus mais moins cher différentes catégories de produits disposés en rayonnages et sur une seule grande surface. Jusque-là les petits commerces étaient multiples et avaient leurs spécialités. Ils n’avaient pas beaucoup de concurrence et les gens se contentaient des commerces qu’ils avaient dans leur quartier. Les prix pouvaient être variables en fonction de la tête du client. Il n’était pas question non plus de toucher les articles sans l’accord du vendeur.

Avec l’arrivée des grands magasins, on peut dorénavant trouver dans le même endroit des articles très divers, les prix sont fixes, les clients peuvent profiter des promotions, des soldes. Il se sentent moins obligés d’acheter que dans une petite boutique. Ils peuvent toucher, tâter, soupeser l’article qui les intéresse et ils ont même la possibilité de le ramener pour se faire rembourser. De plus, ces nouveaux grands magasins sont de grands espaces ouverts qui offrent la liberté de circulation entre les rayons qui présentent les dernières nouveautés.

L’offre est importante ce qui permet une marge bénéficiaire faible. Le renouvellement des articles est permanent. Tout est fait pour attirer les clients et les séduire. Il s’y passe toujours quelque chose : promotions, soldes, expositions à thèmes, semaines spéciales…

C’est l’occasion pour les classes sociales moyennes de rivaliser avec la classe bourgeoise pour ce qui concerne par exemple la décoration, les vêtements…et ce à un moindre coût.

La clientèle féminine, parisienne au début, s’engoue pour ces bâtiments remplis de nouveautés et progressivement c’est un phénomène social qui apparaît, l’émancipation de la femme.

Ci-dessous, les premiers Grands Magasins de Paris au XIXe siècle :

Le Petit Saint-Thomas rue du Bac et Au Bon Marché le plus vieux grand magasin créé en 1852 par Aristide Boucicaut – rue de Sèvres (7e arrondissement). En 1989, le nom change pour Le Bon Marché.

Les Grands Magasins du Louvre, rue de Rivoli, créés par Alfred Chauchard et Auguste Hériot en 1855 et fermés définitivement en 1974. Actuellement, au même emplacement, on trouve le Louvre des Antiquaires.

Le BHV (le Bazar de l’Hôtel de Ville ou depuis 2013 Le BHV Marais) a ouvert ses portes en 1856 grâce à Xavier Ruel – près de l’Hôtel de Ville – 52 rue de Rivoli dans le 1e arrondissement-.

Le Printemps Haussmann créé en 1865 par Jules Jaluzot et Jean-Alfred Duclos dans le quartier de l’Opéra – 64, boulevard Haussmann dans le 9e arrondissement.

La Samaritaine fondée en 1869 par Ernest Cognacq assisté un peu plus tard de sa femme Marie-Louise Jaÿ – face à la Seine près du Pont Neuf- 19, rue de la Monnaie dans le 1er arrondissement (fermé actuellement pour travaux de sécurité et sans doute pour créer des logements ou bureaux…)

Les Galeries Lafayette ouvertes en 1894 par Théophile Bader et Alphonse Kahn, quartier de l’Opéra – 40 bd Haussmann – 9e arrondissement.

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AU BON MARCHÉ
Le premier Grand Magasin

Le Bon Marché est le premier grand magasin créé par Aristide Boucicaut dont la réussite commerciale et les idées innovantes ont inspiré Emile Zola dans le livre “Au bonheur des Dames” (1883)- “…la cathédrale du commerce moderne, solide et légère, faite pour un peuple de clientes”-.

Au bonheur des dames Emile Zola a décrit parfaitement cette période dans son livre “Au bonheur des dames” (1883). Vous pouvez lire et/ou écouter l’enregistrement sur le site Littérature Audio.com ici ! C’est GRATUIT !

Aristide Boucicaut entre comme vendeur en 1834 dans le magasin “Au Petit Saint-Thomas“, rue du Bac. Il va assister, sous la direction de Simon Mannoury à l’essor économique du “Petit Saint-Thomas” dans une période frissonnante de progrès industriels. En effet, Le Petit Saint-Thomas propose des prix bas, des produits très bon marché à des prix fixes et non en fonction du client. De plus, ce magasin organise la vente par correspondance, franco de port, c’est-à-dire sans frais pour le client. Des expositions temporaires y sont proposées, des périodes de soldes et d’occasions aussi. Et, cerise sur le gâteau, des promenades avec un âne dans les larges galeries proches du magasin sont proposées aux enfants des clientes. Le magasin ferme en 1848.

Aristide Boucicaut :
le commerçant qui a établi les principes de la grande distribution

Aristide Boucicaut va s’inspirer de ces nouvelles méthodes de vente lorsqu’il s’associe en 1852 à Paul Videau pour créer le magasin Le Bon Marché (Paul Videau se retire des affaires en 1863 effrayé par la volonté d’expansion d’Aristide Boucicault).

C’est alors, qu’il va développer seul (en s’inspirant du “Petit Saint-Thomas”) le premier concept de grand magasin. L’offre est importante, les prix sont fixes, la marge réduite. Il y a un large assortiment de produits accessibles par tous dans un vaste espace de vente et aussi une mise en scène des produits (présentation). On peut échanger un article si le premier ne convient pas. Si les gens ne veulent ou ne peuvent pas se déplacer, ils ont la possibilité de commander sur catalogue et de se faire livrer chez eux. Aristide Boucicaut et sa femme organisent des soldes, promotions, le mois du blanc. Ils aménagent un coin bibliothèque, proposent aussi des concerts privés, exposent des peintures, des sculptures…

Le succès commercial est tel qu’en 1869, Aristide Boucicaut décide d’agrandir le magasin, et pose la première pierre de cet agrandissement. Malheureusement, la construction ne se termine qu’en 1887, dix ans après sa mort. A noter, l’intervention de Gustave Eiffel pour la réalisation des grandes baies vitrées (fer et verre).

Aristide Boucicaut laisse derrière lui un magasin avec 1788 employés, un chiffre d’affaires 160 fois plus élevé qu’en 1852.

Lui qui souhaitait posséder “Le seul édifice spécialement construit et entièrement affecté à l’usage d’un grand commerce des nouveautés” ! Pari réussi !

Ce nouveau modèle commercial assez révolutionnaire, inventé par Aristide Boucicaut et sa femme, va se répandre dans le monde entier.

 

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LES GRANDS MAGASINS DU LOUVRE

Dans un premier temps, Alfred Chauchard, Auguste Hériot et Léonce Faré -qui se retire en 1857- louent le rez-de-chaussée sous les arcades du Grand Hôtel du Louvre, l’un des hôtel les plus modernes de l’époque, construit en 1852 pour l’exposition universelle de 1855. Ils créent un magasin de mode dont l’enseigne est “Les Galeries du Louvre”. Le magasin ne cesse de prospérer si bien qu’en 1875, le magasin de mode s’étend à tout l’ensemble du bâtiment et devient “Les Grands Magasins du Louvre” offrant aux clients 52 départements aux articles très variés. Le Grand Hôtel du Louvre est alors transféré place du Palais Royal (son emplacement actuel).

Auguste Hériot meurt en 1879 et son associé quitte la direction du magasin pour se consacrer à l’art en 1885.

Dans la nuit du 23 septembre 1943, un bombardier anglais est abattu par la défense aérienne allemande et s’écrase sur l’immeuble. Après l’incendie, on découvre un cratère au milieu du bâtiment mais les façades sont encore debout.

En 1974, Les Grands Magasins du Louvre ferment et sont remplacés par le Louvre des Antiquaires et des bureaux.

 

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LE BHV (BAZAR DE L’HÔTEL DE VILLE)

Le Bazar de l’Hôtel de Ville ou comme on l’appelle plus facilement le BHV doit son origine à un Lyonnais (de la ville de Lyon) Xavier RUEL.

Au début, Xavier RUEL, vend des articles de bonneterie présentés dans des grands parapluies à l’extérieur. Il constate que les ventes sont meilleures au coin de la rue de Rivoli et de la rue des Archives. Alors, il ouvre son premier magasin, une petite façade, en 1856 à cet endroit.

Le BHV n’aurait peut-être pas vu le jour si Xavier RUEL n’avait réussi un acte héroïque. En effet, en 1855, il réussit à maîtriser un attelage de chevaux emballés emmenant l’Impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III). A la suite de cet acte de bravoure, il est récompensé pour son courage. C’est cet argent qu’il va utiliser pour agrandir son magasin qui s’appellera : le Bazar Napoléon.

En 1866, il rajoute trois étages à son magasin. En 1870, le Bazar Napoléon change de nom pour devenir “Le Bazar de l’Hôtel de Ville”.

Il meurt en 1900, laissant derrière lui 800 employés. En 1912, des travaux seront réalisés qui ajouteront une tour ronde au bâtiment.

 

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LE PRINTEMPS HAUSSMANN

Le Printemps Haussmann est un bâtiment classé monument historique depuis 1975. Il a été créé en 1865 par Jules Jaluzot et Jean-Alfred Duclos et s’appelait au début “Au Printemps”. Il est situé dans le 9ème arrondissement – bd Haussmann – proche de la gare St-Lazare.

Dès la première année, il connaît un grand succès grâce à une soie noire la Marie-Blanche vendue en exclusivité jusque vers 1900.

En 1866, l’idée de vendre les produits défraîchis à prix cassés “les soldes”, chaque année, va conférer au Printemps une plus grande renommée encore.

En 1874, le Printemps s’agrandit avec deux étages en plus et l’achat de deux maisons proches reliées au magasin par des ponts de fer. La grande innovation étant l’ajout de deux ascenseurs – complètement nouveau à cette époque et forcément attirant pour les gens comme pour les enfants ! -. En 1881, une quatrième façade rue Caumartin agrandit encore le magasin. Cette même année, à la suite d’un violent incendie, il est décidé de reconstruire tout, même les bâtiments ayant échappé à l’incendie.

La reconstruction va permettre d’autres innovations sur le plan architectural, espace fonctionnel, utilisation du fer en structures décoratives, et utilisation de nouveaux éclairages mettant mieux en valeur les produits.

Au cours des années suivantes le bâtiment va s’agrandir encore -salle au sous-sol et nouveaux achats de bâtiments- et se transformer toujours pour le plus grand plaisir des clients.

En 1910, nouvelle construction “Les Nouveaux Magasins” (angle rue de Caumartin et de Provence) à l’architecture reconnue comme audacieuse :

– hall octogonal
– ferronnerie des balcons et des rampes style “art nouveau”
– éclairage nouveau
– 3 nouveaux ascenseurs rapides

Pendant la 1ère guerre mondiale, apparition des mannequins pour présenter les vêtements dans les vitrines.

Nouvel incendie en 1921 et à nouveau des travaux de reconstruction.

En 1923, un maître vitrier Brière installe une coupole en vitrail dans le magasin bd Haussmann.

En 1924, début des animations de vitrines pour les fêtes de fin d’année. Animations très attendues encore de nos jours auxquelles participent des décorateurs et designers très réputés et aussi des grands noms de la mode.

En 1930, premiers escalators (escaliers roulants)

Les vitrines animées font la joie des tout-petits aux Galeries Lafayette et au Printemps Haussmann

 

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LES GALERIES LAFAYETTE

« Le bon et le beau accessible à tous »

Les Galeries Lafayette ont été fondées en 1895 par deux cousins Théophile Bader et Alphonse Kahn. Elles sont protégées au titre de monument historique depuis 1975. Au début, c’est une mercerie , bonneterie “Aux Galeries Lafayette” puis sont créés des articles de mode (vêtements, chapeaux…) à des prix accessibles très appréciés des Parisiens et des Parisiennes et aussi des Provinciaux, la gare Saint Lazare étant proche. C’est un succès commercial. En 1896 et 1903, la société acquiert plusieurs bâtiments pour s’agrandir. En 1900, la marque “Aux Galeries Lafayette” est déposée officiellement et est représentée par un médaillon à l’effigie du Marquis de La Fayette.

C’est en 1912 que le grand magasin inaugure la superbe coupole à 43 mètres de haut soutenues par dix piliers en béton, matériau nouveau à l’époque. Ce sont des artistes majeurs de l’École de Nancy qui réalisent la décoration style Art Nouveau de ce magasin de luxe en particulier le maître-verrier Jacques Gruber pour les vitraux de la coupole, Louis Majorelle pour la rampe d’escalier inspirée de l’Opéra de Paris et pour les ferronneries des balcons.

Dès l’ouverture une clientèle très diverse le fréquente, aussi bien des grands bourgeois que des gens de condition plus modeste. De nos jours, près de 30 millions de personnes visitent chaque année ce magasin (vitrines Noël).

 

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LA SAMARITAINE

La Samaritaine est située dans le 1er arrondissement face à la Seine. Elle est classée monument historique depuis 1990. Jusqu’en 2005, année des travaux, c’était le plus grand magasin avec ses 48000 m2 de surface de vente (tout juste devant les Galeries Lafayette et le Printemps Haussmann) et ses 10 étages.

Elle a ouvert ses portes en 1900 grâce à Ernest Cognacq (lui aussi, à ses début, vendeur de cravates dans un parapluie sur le Pont Neuf) rejoint un peu plus tard par sa femme Marie-Louise Jaÿ. Ernest Cognacq s’inspire des méthodes de ventes d’Aristide Boucicaut et donne de vraies responsabilités à ses chefs de rayons.

Projet de cour intérieure pour la réouverture de la Samaritaine en 2015 après 6 années de travaux

D’agrandissement en agrandissement, et avec l’aide d’architectes, le bâtiment adopte une unité architecturale style Art Nouveau et Art Déco. La Samaritaine doit réouvrir ses portes en 2015 après une rénovation de plusieurs années à cause de la vétusté du magasin. On y trouvera alors un hôtel de luxe, des magasins et des logements.

(1) XIXe siècle = 19e siècle
Pour apprendre à lire les chiffres romains cliquez là !

Les grands boulevards de style haussmannien – Napoléon III / « Le baron Haussmann »

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Tout d’abord, je vous propose d’aller faire un tour sur → ce site “les immeubles Haussmann à Paris” où vous trouverez un maximum d’images vous montrant le style haussmannien, et aussi un très grand nombre d’informations sur cette période.

Pour la transcription de la vidéo ci-dessus → cliquez là !

Ensuite, je vous propose ce reportage télé du 5 septembre 2009 ci-dessus sur l’exposition de photos de Charles Marville à l’époque des grands bouleversements de la capitale fin 19e siècle (expo du 1er au 27 septembre 2009 au Louvre des Antiquaires à Paris). Napoléon III avait demandé à Charles Marville de prendre en photos le Paris d’avant les gigantesques travaux qu’Haussmann allait réaliser dans la ville de Paris.

En moins de 20 ans seulement, ce sont 20 000 bâtiments insalubres qui vont être détruits et 30 000 reconstruits, 300 kilomètres de voirie ainsi que 600 kilomètres d’égouts et tout cela  avec des moyens très rudimentaires, pelles, pioches !




Paris au 19e siècle (avant Napoléon III et le baron Haussmann) n’a pas beaucoup changé depuis le Moyen-Âge. Les rues sont sombres, étroites, insalubres.

Napoléon III (1808-1873)

1er Président de la République française

Napoléon III (empereur des français de 1852 à 1870 – neveu de Napoléon 1er), au cours d’un séjour en Angleterre (1846 – 1848) fut très impressionné par l’urbanisme et les normes d’hygiène qui régnaient dans la ville de Londres. Il faut dire que Londres avait été reconstruite après le terrible incendie de 1666.

Le Baron Haussmann qui va changer l’aspect de Paris

entre 1853 et 1870

De retour à Paris, Napoléon III décida, avec l’aide du baron Haussmann -Préfet de la Seine-(et du Préfet Rambuteau – prédécesseur du baron Haussmann), de reconfigurer Paris pour :

– d’une part, donner plus d’air et plus d’hygiène aux Parisiens (moins de risques d’épidémies comme le choléra en 1832),

– et d’autre part, maîtriser mieux les « soubresauts » ou manifestations populaires, les petites rues étant plus faciles pour s’y dissimuler et pour monter des barricades.

Cette campagne va avoir un slogan : « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie »

Haussmann (soutenu par Napoléon III) impose aux architectes des normes de construction strictes :

. il impose aux architectes le respect des lignes principales de façade (balcons, corniches…), il ne veut pas de « défaut d’harmonie » ;

. il veut que les immeubles n’aient pas plus de 5 étages, c’est-à-dire 6 niveaux avec le rez-de-chaussée ;

. il veut que la hauteur des immeubles soit fixée en fonction de la largeur de la rue (+ sur les règlements d’urbanisme ici !)…

La Place de l’Étoile avec ses 12 avenues et l’Arc de Triomphe au centre

Haussmann est connu pour son obsession de la ligne droite. Des quartiers entiers vont être abattus (désespérant quelques artistes comme Baudelaire, Victor Hugo…) pour créer de grandes avenues aux bâtiments haussmanniens. Les règles de construction sont très strictes en ce qui concerne la hauteur et le style des bâtiments -immeubles en pierres de taille exclusivement- (ce qui donne à présent cette unité architecturale).

Il trace des grandes avenues avec des places, soucieux des perspectives comme la place de l’Etoile (l’Arc de Triomphe). De cette place de l’Etoile, partent 12 avenues dont celle, très célèbre, des Champs Elysées (chantée par Joe Dassin – essayez la vidéo karaoké !)

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L’IMMEUBLE HAUSSMANNIEN

Les immeubles de style haussmannien sont tous conçus de la même manière, c’est à dire qu’ils respectent des normes de construction très strictes et aussi ils ont tous plusieurs étages comme marqué ci-dessus.

A leur création, les étages les moins élevés étaient les plus chers car plus faciles d’accès.

Il y avait (et il y a encore) deux escaliers. Un escalier « d’honneur » pour les résidents et leurs invités et un escalier de service pour le personnel domestique logé dans ce qu’on appelle « les chambres de bonnes » au 6ème étage sous les toits -à présent, souvent des chambres pour étudiants-.

Généralement, les familles qui habitaient ces immeubles gardaient les pièces avec balcon en façade pour les réceptions, car il fallait se faire voir ! Ils gardaient comme lieu d’habitation les pièces donnant sur les cours intérieures.

Ces nouveaux quartiers vont attirer des gens fortunés, et, de ce fait, amener une séparation plus marquée entre les quartiers bourgeois et les quartiers populaires. Encore maintenant, l’Est de Paris regroupe les quartiers populaires et l’Ouest de Paris regroupe les quartiers les plus « chics ».

Le Parc Montsouris

→ Promenez-vous dans les rues de Paris sur les boulevards (street views)

On doit à Haussmann le percement :

– des boulevards Sébastopol, St-Michel, Magenta, Arago, Voltaire, Diderot, Cours de Vincennes, Malesherbes, St-Germain, Haussmann, St-Lazare…

– des avenues Kléber, Wagram, Foch, Victor Hugo, Carnot, Niel, Friedland, Iéna, Georges V, de la Grande Armée, des Champs Elysées, Marceau…

– des rues de Rivoli, Soufflot, Réaumur, du Quatre Septembre, de Rennes, Turbigo, des Ecoles…

C’est à cette période aussi que se sont créés les parcs comme le Parc Montsouris, le Jardin du Luxembourg, les squares (créés ou remodelés par Haussmann) ; mais aussi Les Halles, les grandes gares, certains théâtres.

C’est aussi l’époque, avec l’apparition de ces boulevards, des Grands Magasins (Galeries Lafayette, Printemps…)

DES EGOUTS MODERNES !

(Haussmann + l’ingénieur des Ponts et Chaussées Eugène Belgrand)

Vers 1200, le roi Philippe Auguste fait paver les rues de Paris et insérer une rigole au milieu pour l’évacuation des eaux.

Le 1er égout souterrain voit le jour à Paris rue Montmartre en 1370.

(Voir mon autre article “Les rues de Paris et l’hygiène à travers les siècles”)

Avec Haussmann et l’ingénieur Eugène Belgrand, ce sont 600 kms d’égouts souterrains qui vont être construits. De plus, la moitié de la ville de Paris va avoir droit désormais à une alimentation en eau potable. Les égouts de Paris se visitent si si !

Les rues de Paris et l’hygiène à travers les siècles

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La ville de Paris, au cours des siècles, n’a pas toujours été aussi propre. Pendant longtemps les Parisiens ont jeté leurs ordures dans les rues, dans les fossés ou dans les rivières. C’est en analysant les déchets fossilisés qu’on a pu reconstituer la manière de vivre et de se nourrir des habitants sur une période de 2000 ans.

Au Moyen-Age, vers l’an 1000, Rue au Moyen Age2

Paris ne sent pas bon. L’activité de la ville se situe dans les rues et au bord du fleuve. Les gens jettent leurs déchets, excréments et carcasses d’animaux dans la rue boueuse ou dans la rivière. Les résidus des tanneries, teintureries, boucheries.. aussi sont jetés dans les rues et rejoignent la Seine. Et les porteurs d’eau ramènent une eau souilléee aux gens de la ville qui la boivent ! De toute façon, prendre un bain, même avec une eau propre,  à cette époque est considéré comme préjudiciable pour la santé !

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