Jean-Louis Étienne, 3130 km en ballon au-dessus du Pôle Nord

ENVOL LUNDI 5 AVRIL 2010 À 6h10

J.L. Etienne, le grand départ

“Par cette aventure audacieuse, digne des romans de Jules Verne, je souhaite attirer l’attention du monde sur la régression de la banquise et ses conséquences sur la vie des peuples autochtones, la biodiversité arctique et le chaos climatique à l’échelle planétaire qu’engendrerait sa disparition. La banquise est le meilleur indice de performance des mesures que l’humanité doit engager contre le réchauffement climatique”.

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Jean-Louis Etienne, 63 ans, est un médecin-aventurier, médecin-explorateur qui a déjà réalisé de nombreux périples de l’extrême. L’Arctique n’est pas un territoire nouveau pour lui puisqu’il considère qu’avec ce périple en ballon il achèvera sa “Trilogie de l’Arctique” commencée en :

mars/avril 1986 – Expédition pôle Nord – “Objectif : parvenir au pôle Nord géographique seul, à ski avec un traîneau et quelques points de ravitaillement pour les vivres et habits secs” – http://www.jeanlouisetienne.com/banquise/v1/home.html

avril/juillet 2002 – Mission Banquise – “Déposé au pôle Nord en avril 2002, la banquise me conduira vers le nord-est du Groenland. La vitesse de déplacement dépendra des conditions de vents et de l’état de la glace : elle peut varier entre 5 et 20 km par jour. Après 3 mois de navigation au gré des courants de dérive, je serai récupéré par un brise-glace qui viendra à ma rencontre au début du mois de juillet 2002”. http://www.jeanlouisetienne.com/banquise/

“GENERALI ARCTIC OBSERVER” – AVENTURE DE L’EXTRÊME JAMAIS RÉALISÉE ET EXPÉRIENCE SCIENTIFIQUE

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Ce 5 avril 2010, il tente la traversée en solitaire de la banquise à bord d’un ballon ou plutôt de sa “rozière”. Cette “rozière” est un ballon qui a été inventé par Pilâtre de Rozier avec lequel il a d’ailleurs perdu la vie. C’est ce même modèle de ballon qui a permis à Bertrand Piccard et Brian Jones de réaliser leur tour du monde à bord du ” “Breitling Orbiter”. Il est gonflé à l’hélium (2000 m³) et à air chaud. Il fait 15° à l’intérieur de sa nacelle et il dispose d’un peu moins de 3m² d’espace.

Jean-Louis Etienne s’est élevé à 6h10 de l’île norvégienne du Spitzberg, à Longyearbyen au milieu de l’océan Arctique. Hier 5 avril vers 22h30, il avait déjà parcouru 300 km en ligne droite.

Il doit survoler la banquise sur 1300 km pour arriver au Pôle Nord puis 2200 km pour rejoindre d’Alaska en l’espace d’environ une semaine. Tout dépendra des caprices des vents et de la capacité de Jean-Louis Etienne à capter les bons vents qui ne sont pas nombreux. Deux autres hommes très expérimentés – Christophe Houver et Luc Trullemans (Belge) – se trouvent au QG (Quartier Général) dans la banlieue parisienne à Saint-Denis et tentent d’assister à distance Jean-Louis Etienne dans sa nacelle suspendue au-dessus d’un “paradis blanc”, à une moyenne de 300 m au-dessus du sol.

Ce sont les vents qui décideront de l’endroit de son atterrissage en Alaska.

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Le Pôle Nord est une zone mal connue des scientifiques, c’est pourquoi les mesures qui vont être faites par Jean-Louis Etienne vont permettre de juger de l’état de ce pôle touché fortement par le réchauffement climatique : mesures du champ magnétique terrestre, des particules en suspension, de l’ozone troposphérique, et surtout le taux de CO² atmosphérique.

1ère traversée en solitaire du Pôle Nord en ballon réussie – Atterissage en Sibérie Samedi 10 avril à 7h40 heure française

Jean-Louis Etienne, 63 ans, est le premier à avoir réussi cette traversée en survolant le Pôle Nord en ballon, au terme d’un vol de 5 jours et 1h30 depuis son départ dans l’archipel norvégien du Spitzberg soit 121 heures et 30 minutes. A qui le tour ?

Le ballon s’est posé à 280 kilomètres au nord de la ville russe de Batagaï, après avoir couvert 3.130 kilomètres.

Passage d’un article pris sur le site TV France 2
Le médecin-explorateur français, arrivé en bonne santé, a connu quelques difficultés pendant sa traversée. Parti lundi de Longyearbyen à 06h10 heure française, il a rencontré une tempête de neige mercredi près du pôle Nord. Le lendemain, il a dû faire face à des problèmes d’énergie, ses panneaux solaires n’ayant pu recharger les batteries pendant la tempête. Après deux journées au ralenti, avec une moyenne de 10 km/h, Jean-Louis Etienne a dû voler à très basse altitude, entre 100 et 300 mètres au-dessus de la banquise. S’il avait volé plus haut, les vents d’altitude l’auraient éloigné de son objectif.

 

Pendant son périple, il devait se livrer à des mesures scientifiques de CO2, du champ magnétique, des particules en suspension et de l’ozone troposphérique. Tout au long de son vol, il était assisté au sol par une équipe technique et scientifique où figurait son routeur, Luc Trullemans.

Alors que la température extérieure tournait autour de moins 30°C, il faisait 15°C à l’intérieur de la nacelle non pressurisée, grâce à un chauffage au propane.

Après son atterrissage, Jean-Louis Etienne doit attendre son équipe technique, retenue pour des raisons administratives à Yakutsk, à 600 kilomètres de Batagaï. Dans un premier temps, il devra dégonfler seul son ballon, dont l’enveloppe pèse 350 kilos.

Cet aventurier des pôles a complété avec ce nouvel exploit ses traversées de l’Arctique à pied et en bateau. En 1986, ce médecin tarnais était entré dans l’Histoire en devenant le premier homme à atteindre le pôle Nord géographique en solitaire, harnaché à son traîneau. Il avait mis 63 jours dans le chaos de glace et de neige de la banquise arctique.

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