Académie française

L’Académie française

L’Académie française

protectrice de la langue française

http://www.academie-francaise.fr/

23, quai de Conti – Paris – 6ème arrondissement

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1635

« La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences» (article XXIV)

Valentin Conrart (1603-1675) avec quelques amis est à l’origine de l’Académie française et 1er secrétaire perpétuel. Il est très exigeant sur l’utilisation du français. Soucieux de l’orthographe, de la grammaire et de la syntaxe, il corrige les manuscrits d’écrivains plus talentueux que lui.

A l’origine, en 1629, il y a 9 personnalités qui décident de se rencontrer toutes les semaines chez l’un d’entre eux, Valentin Conrart, qui habite au centre de Paris. Ils parlent de toutes sortes de choses et notamment des belles-lettres. Les belles-lettres c’est ainsi qu’on appelle au XVIIème (17e) siècle toutes les oeuvres littéraires -romans, poésie, théâtre, essais- qui ont quelque chose de remarquable dans la beauté du style, l’originalité, la manière d’utiliser la langue française… Ils s’exercent eux-aussi à l’écriture et soumettent leurs ouvrages aux critiques des membres du petit groupe. Ces réunions se terminent par une promenade ou un repas pris ensemble. Ils n’ont aucune envie d’agrandir ce cercle d’amis et décident de ne parler à personne de leurs réunions. Mais par une indiscrétion de l’un d’entre eux, d’autres intellectuels enthousiastes les rejoignent jusqu’à ce que le Cardinal de Richelieu soit informé de ces assemblées.

Celui-ci comprend très vite le double intérêt qu’il peut tirer de cette petite société. Il y a un certain prestige à posséder sa propre académie pour un cardinal mais aussi et surtout il comprend que cette langue, le français, va devenir le ciment de la nation.

↑Le cardinal de Richelieu
peint par Philippe de Champaigne

En effet, au XVIe siècle (16ème), excepté dans les tribunaux où le français avait été imposé par François 1er en 1539, les gens en France parlaient beaucoup de langues, de dialectes, de patois différents. Il était temps, pour former une vraie nation, d’assurer l’unité linguistique dans le pays.

Cette académie allait donc fixer la langue française et permettre à la France d’être une vraie nation avec une seule langue. Le Cardinal de Richelieu propose alors d’apporter sa protection à cette assemblée naissante. Les statuts de l’académie sont écrits entre 1634 et 1636 et le nombre de membres fixé à 40 par le Cardinal -chiffre qui n’a pas bougé depuis 1635 !-. Puis le roi Louis XIII donne son aval. Valentin Conrart devient le premier secrétaire perpétuel.

L’Académie française est donc créé en 1635 et reconnue par le Parlement de Paris seulement en 1637. Pour recruter les nouveaux membres de l’Académie, on ne tient pas compte de la naissance, de la fortune ou de l’emploi. Ce qui est assez nouveau pour cette époque où la société est bien organisée en différentes castes.

L’idée est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible pour tous et qu’elle participe à renforcer l’unité du pays.

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En 1694, apparaît le tout premier « Dictionnaire de la langue française », outil de référence commun. Il n’y a eu que 8 autres dictionnaires de référence depuis cette date. C’est un travail extrêmement long de réviser les mots du dictionnaire puisque cela s’étire sur plusieurs dizaines d’années. Les académiciens travaillent depuis 1986 à la 9e édition ! En 2012, ils en étaient à la lettre « R » ! Il faut dire aussi qu’à titre d’exemple, en 1935, la 8ème édition du dictionnaire comportait 30 000 mots. Celle en cours comporte 60 000 mots.

La devise de l’Académie : « A l’immortalité »

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La devise depuis Richelieu est « A l’immortalité ». L’immortalité de la langue française bien sûr ! C’est pour cela qu’on appelle les académiciens les « immortels ».

La mission de l’Académie française aujourd’hui : « Garder la pureté de la langue et la rendre capable de la plus haute éloquence. Veiller sur la langue française et accomplir des actes de mécenat ».

Grâce aux dons et legs que l’Académie reçoit, elle décerne chaque année environ 80 prix comme par exemple : les grands prix de Littérature, du Roman, du Théâtre, de Poésie, d’Histoire, de Philosophie, le grand prix Paul Morand, les prix de l’Essai, de la Critique, de la Biographie, de la Nouvelle, du Rayonnement de la langue française et, depuis 1986, le grand prix de la Francophonie.

Les académiciens et académiciennes sont élus à vie. Mais depuis 2010, la limite d’âge pour entrer dans cette assemblée a été fixée à 75 ans. Ils ne peuvent pas démissionner et de toute façon, s’ils se désintéressaient de leur charge, leur fauteuil ne serait pas occupé jusqu’à leur mort.

Pendant des siècles, l’Académie n’a accepté que des hommes. Il a fallu attendre 1980 pour voir s’imposer la première académicienne Marguerite Yourcenar, écrivain. Depuis cette date, ce sont huit femmes qui ont fait leur entrée dans cet endroit prestigieux.

Bien que dans cette compagnie la littérature soit particulièrement à l’honneur, l’Académie accueille aussi en son sein des érudits de toutes disciplines scientifiques ou philosophiques pourvu que leur parcours de vie soit remarquable et qu’ils aient l’amour de la langue française.

Quand un Immortel décède, il faut lui trouver un remplaçant. Le nouvel arrivant doit alors faire un discours en hommage à son prédécesseur au moment de la cérémonie de réception en son honneur sous la coupole. C’est l’habitude qui a été prise depuis qu’en 1640, Olivier Patru, avocat et écrivain, est entré à l’Académie en faisant un très beau discours très apprécié. Il a alors été décidé d’obliger tous les nouveaux « Immortels » à lire un discours au moment de leur investiture.

Amin Maalouf et son « habit vert » d’ »immortel » en 2012

Tous les Académiciens et académiciennes recoivent un habit de cérémonie porté lors des cérémonies de réception. Seules les femmes et les écclésiastiques peuvent en être dispensés. Lors de l’adoption de cet uniforme en 1801, rien n’avait été prévu pour les femmes puisqu’elles n’en faisaient pas partie. Jusqu’à présent et depuis 1980, toutes les femmes ont porté l’habit vert. Celui-ci se compose d’un ensemble pantalon/gilet ou veste en drap bleu ou noir avec des broderies en soie en forme de branches d’olivier, d’où le nom « habit vert ». De nos jours, la confection de cet habit est réalisé par de prestigieuses maisons de couture : Lanvin, Pierre Balmain, Pierre Cardin, etc. ou bien le tailleur de l’armée. Par dessus, une cape noire.

Sur le côté, une épée signe d’appartenance à la maison du Roi. Les femmes ont le choix de la porter ou non et les écclésiastiques en sont exemptés. Elle est traditionnellement offerte au futur Immortel par ses amis ou admirateurs. Cette épée porte les symboles de la vie et de l’oeuvre du nouvel académicien, et elle est offerte à la famille à la mort de celui-ci.

Ci-dessous quelques noms célèbres d’académiciens. Pour avoir la liste des complète des immortels depuis la création de l’Académie cliquez là !

1647 – fauteuil 14 – Pierre Corneille

1671 – fauteuil 23 – Charles Perrault

1672 – fauteuil 13 – Jean Racine

1881 – fauteuil 17 – Louis Pasteur

1841 – fauteuil 14 – Victor Hugo

Les quarante académiciens en 2014

 

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