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L’accent du côté de Toulouse

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C’est un des accents du « Midi » comme on dit. C’est un accent chantant mais différent des autres villes comme Lyon, Bordeaux, Marseille ou Nice.

https://youtu.be/zXT7diONJ4Q

TLT – TéléToulouse
Chaque semaine à la Reynerie l’Association T-O-7 propose ses Cafés Savoirs. La semaine dernière l’accent toulousain était au coeur du débat. Certains en ont honte, d’autres en sont fiers mais d’où vient-il vraiment ?

– L’accent toulousain c’est la musique d’une langue dont on aurait oublié les paroles. Ces paroles c’est quoi ? C’est la langue occitane. Donc on parle français avec une langue occitane. C’est pas la loi du sang, c’est vraiment la loi du sol.

Si le sujet peut paraître cocasse, il attise pourtant les débats.

– L’accent est attribué à l’occitan.
– Il n’y en a plus trop (d’accent) voire il n’y en a plus du tout ou alors, on ne sait plus les identifier.

L’accent toulousain a pourtant bien des particularités.

– Il (le Toulousain) prononcera toutes les syllabes. Il ne roulera plus le « r » comme le disait Claude Nougaro dans la fameuse chanson « Toulouse ». Il aura une accentuation sur les mots, pas seulement une accentuation de phrase. Donc il dira « la pe-ti-te fi-lle va à l’école » et non pas « la p’tite fille va à l’école » avec un seul accent.

Qu’il laisse rêveur ou qu’il fasse sourire, une chose est sûre l’accent toulousain fait voyager.

– Il est chantant, il est gai et puis comme on me disait quand j’habitais Tours « Parle-nous, ça nous rappelle les vacances ».

Ci-dessous une célèbre chanson sur la ville de Toulouse par  un non moins  célèbre chanteur/compositeur/interprète Claude Nougaro « Toulouse ». Les paroles de la chanson sont sous la vidéo !

https://youtu.be/Xpge7PshQT8

Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L’eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
Ô mon païs, ô Toulouse…

Je reprends l’avenue vers l’école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne
Ô mon païs, ô Toulouse…

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu’on se traite
Il y a de l’orage dans l’air et pourtant
L’église Saint Sernin illumine le soir
D’une fleur de corail que le soleil arrose
C’est peut être pour ça malgré ton rouge et noir
C’est peut être pour ça qu’on te dit ville rose
Je revois ton pavé ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?
Voici le Capitole, j’y arrête mes pas
Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J’entends encore l’écho de la voix de papa
C’était en ce temps-là mon seul chanteur de blues

Aujourd’hui tes buildings grimpent haut
À Blagnac tes avions ronflent gros
Si l’un me ramène sur cette ville
Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles
Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse…

La mamé par Odette Jouve avec l’accent provençal

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En présentation ci-dessus un tableau d’Édouard Jérôme Paupion (1854-1912)

Odette Jouve (décédée en 2016 à 91 ans) était une mamie de 87 ans qui s’était présentée à une émission de télévision (sur la chaîne M6 en 2009) appelée « La France a un incroyable talent ». Son talent était de réciter des poèmes. Celui qu’elle a présenté à cette émission a ému le jury et le public français. Je vous laisse écouter et lire le texte en dessous de la vidéo. Vous entendrez aussi l’accent marseillais. (voir l’autre vidéo d’Odette Jouve sur l’accent du midi)

https://youtu.be/sD_hV5pW_I8

Texte dit par Odette Jouve

Elle se tenait au bout de la table et nous impressionnait par sa lenteur. On la voyait si vieille, toute ridée, misérable que l’amour peu à peu fit place à la rancoeur.

Elle gênait notre vie. Elle gênait nos projets la mamé. A quelque temps de là, prétextant des vacances, je l’emmenais là-haut, au flanc du Lubéron.

– Tu seras bien mamé ! Tu verras la Durance du haut de la terrasse
de la grande maison.
– Ces maisons-là sont faites pour les vieux !
– Regarde ! Ils ont l’air bienheureux !
– Comme tu veux petite.

Je la laissais toute seule. L’air était encore chaud pourtant je frissonnais et le chant des oiseaux voletant dans le lierre disait à mes oreilles « qu’as-tu fait de mamé ? »

Chaque brin d’herbe, de thym, de lavande, de romarin semblait me dire « mais qu’as-tu fait de mamé ? »

Même le chant des sources dans ma tête criait « mais qu’as-tu fait de mamé ? »

Lentement, le remords me prenait. Au fil des souvenirs, mon coeur s’est apaisé. Alors, j’ai repris le chemin qui mène à la grande maison. Retrouver la mamé, lui demander pardon !

J’ai pris tout simplement ses mains sans rien lui dire. Une larme brillait au milieu d’un sourire.

Une mamé c’est précieux. C’est tant de souvenirs. Si vous en avez une, jusqu’au bout de ses jours, gardez-la près de vous. Et quand elle devra mourir, vous lui fermerez les yeux dans un geste d’amour.

Si aujourd’hui, le chant des cigales me pose la question tant de fois redoutée, je peux, le coeur joyeux en digne provençale, répondre fièrement « Elle est là, la mamé ! »

L’accent provençal – Odette Jouve

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Odette Jouve a fait une apparition à la télévision française en 2009, à l’âge de 87 ans lors de l’émission « La France a un incroyable talent ». Elle a récité un de ses poèmes (Voir l’autre poème « La mamé ») et a ému le jury et la France entière par son talent. Odette Jouve est décédée à l’âge de 91 ans en 2016.
On la retrouve dans cette vidéo disant un autre poème sur l’accent du midi, l’accent de la Provence. Essayez de faire abstraction des bruits de vaisselle que l’on entend derrière elle et appréciez cet accent de la région de Marseille et des environs. 

 

https://youtu.be/TRiod855Oq8
De l’accent, en ai-je moi ? Pourquoi cette faveur ?  

Pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du nord
que c’est vous qui, pour nous, semblaient l’avoir si fort.
Que nous disons de vous du Rhône à la Gironde,
ces gens-là, ils n’ont pas le parlé de tout le monde.
Et que tout dépendant de la façon de voir,
ne pas avoir d’accent pour nous c’est en avoir.
Mais non, je blasphème, et je suis là de feindre.
Ceux qui n’ont pas d’accent, je ne puis que les plaindre.
Emporter de chez soi cet accent familier
c’est emporter un peu de terre à ses souliers.
C’est un peu, cet accent, invisible bagage,
le parlé de chez soi qu’on emporte en voyage.
C’est pour le malheureux, à l’exil obligé,
le patois qui déteint sur les mots étrangers.
Avoir l’accent, enfin, c’est chaque fois qu’on cause,
parler de son pays tout en parlant d’autre chose.
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent.
Je veux qu’il soit sonore, clair, retentissant
et m’en aller tout droit, l’humeur toujours pareille
en portant mon accent fièrement sur l’oreille.
Mon accent, on devrait l’écouter à genoux.
Il nous fait emporter la Provence avec nous.
Il fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
comme chante la mer au fond des coquillages.
Ecoutez, en parlant, je place le décor
du torride midi dans les brumes du nord.
Mon accent porte en soi d’adorables mélanges,
d’effluves d’oliviers et des parfums d’orange.
Il évoque à la fois le feuillage bleu-gris
de nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris
et le petit village où les treilles splendides
éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides.
Cet accent-là, mistral, cigales et tambourins
à toutes mes chansons donnent un même refrain.
Et quand vous l’entendez chanter dans ma parole,
tous les mots que je dis dansent la farandole.